Jean-Charles Pigeau Accueil Biographie Oeuvres Partenaires
                     
                     
« Retour aux articles de presse    

 

 

 

 

 

A. Pitoiset
JC. Pigeau, le sculpteur des esprits

© L'Express international 2003

« Une réussite architecturale, digne de Brancusi ! », s'exclama Jean-Charles Pigeau devant le CCT. Il était l'un des quatre invités du centre à l'occasion de la résidence Elément 2-Air en juillet -août 2002. Jean-Charles Pigeau a répondu avec des installations de l'œuvre « Les Conques » (1) in situ, accompagnées de saisies sténopéphotographiques intitulées « Captures de vent ».

«  Le projet d'installation au centre Tjibaou est né en 1998, lors d'une installation des Conques, face à la pyramide dédiée au dieu du vent Ehécatl, sur le site archéologique préhispanique de Xochitécatl au Mexique. J'ai alors fait le vœu d'intervenir en Nouvelle-Calédonie, avec l'idée de tisser des liens entre les cultures mexicaine et kanake, où le vent a toujours une importance. » Quatre ans plus tard, Jean-Charles Pigeau a réalisé son rêve. Il a vécu le premier mois en immersion totale dans le centre culturel Tjibaou pour tenter de saisir le souffle du vent dans le végétal. « J'ai été complètement absorbé par la magie de ce lieu intelligent, qui suscite des rencontres rares avec les gens et la nature. Je pressentais un désordre ordonné dans ce monde naturel… Lorsque je suis sorti de Nouméa après plusieurs semaines, j'ai retrouvé de fortes similitudes entre le paysage proposé par le chemin kanak lié au centre Tjibaou et celui du cœur de la Grande Terre. »

Parce qu'il est entretenu par des vrais jardiniers kanaks qui s'occupent des plantes en fonction de leur valeur symbolique, le parc qui enveloppe les cases ne donne pas l'impression de quelque chose de construit. Jean-Charles Pigeau a passé des heures à « établir des aller-retour entre le visible et l'invisible. » Son travail de sténopéphotographies, qui nécessite une extrême disponibilité, lui a valu de belles rencontres. Comme celle du sculpteur sur bois, Jean-Michel Katé (artiste kanak en résidence) qui, intrigué par sa patiente attente, lui a expliqué « comment siffler pour faire venir le vent », et,  que l'on y croit ou pas, le vent est venu. Comme le déclare Henri Gama, initiateur du cycle de résidences, les sténopéphotographies de Pigeau témoignent de l'esprit des lieux et saisissent l'invisible présence des souffles dans les frondaisons du chemin kanak. En regardant ces images réalisées dans le CCT, Watha Kaemo, danseur de la troupe du Wetr, le nomma « le sculpteur des esprits ».

Le livre intitulé « La Dialectique du vent » (Jean-Charles Pigeau) recueillant les images de son séjour en Nouvelle-Calédonie, avec textes d'auteurs (Emmanuel Kasarhérou, Jean-Claude Bourdais, Jacques Leenhardt),   paraîtra aux éditions Actes Sud en juillet 2003 (coédition du CCT et Caisse des Dépôts et Consignations).

Anne Pitoiset

 

(1) Les Conques : groupe de sculptures baptisé Les Conques par Jacques Leenhardt en 1994. Acquisition par la Caisse des Dépôts et Consignations en 1996. Présentées sur le site archéologique de Vaison-la-Romaine en 1996, puis au Mexique en 1998, avant de rejoindre le CCT en 2002, où elles sont mises en dépôt pour cinq ans.

 

Retour haut de page