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Symbole maya de pouvoir royal dit « excentrique. Yucatan, 7ème - 9ème siècle. Silex, 34 x 16 cm.
« L’excentrique », sculpture de contour par excellence, obtenue par levée d’éclats avec un poinçon nous révèle l’adresse du sculpteur. C’est un « microcosme », une synthèse du grand art préhispanique maya du Mexique mêlant art et nature où la métaphore est à son apogée.
Objet cosmique, il contient des paysages, évoque le monde végétal, animal et humain. La figure, son profil et l’intérieur du corps avec ses humeurs et son énergie sont suggérés par les qualités intrinsèques du matériau, du silex. (notion de fluidité)
Le vide mis en jeu me renvoie, aux entrées des cénotes*1), aux paysages yucatèques, aux cités PUUC. Je pense à l’architecture, aux plans des chambres funéraires, à la graphie ornementale, aux glyphes, aux traits cernant les couleurs des fresques de sites mayas parcourus lors de mes traversées du Yucatan en 1991 et en 2003-2004-2005.
Ombre et lumière, transparence et opacité, les veines du silex nous révèlent l’énergie cosmique, couleurs à la fois célestes et terrestres.
Ancrée et flottante, cette pièce hybride implique trois mondes
À la fois animal, arbre, branches et racines, cette sculpture contient et dévore l’espace qui l’enveloppe. La base de la sculpture m’évoque l’inframonde, le monde rampant, le reptile, peut être l’Axolotl*2) impliquant l’élément Eau.
Pilier cosmique. L’axe de la sculpture, le tronc avec des ramifications issues du monde végétal, telles les structures des ceibas* 3, des rhizomes articulés, pourvus de profils de divinités et ou de caciques s’interpénètrent à la manière d’une œuvre de MC Escher.* 4 .
La cime de l’excentrique, sa dynamique soulignée par la posture du « bras » finement ciselé de cannelures me suggèrent la roue, symbole du passage du temps.
Vide et plein sont étroitement liés. Ciel et terre sont reliés. Sculpture dont l’image semble issue d’une camera obscura. Tout peut s’inverser, vide et plein, positif/négatif sont les éléments constitutifs récurrents dans l’histoire de la sculpture et de la photographie. On est excentré.
1) Cénote. Dans le Yucatan, point d’eau à ciel ouvert et ou fermé telle une grotte. Lieu sacré précolombien.
2) Axolotl. Vertébré amphibien urodèle des lacs mexicains, capable de se reproduire à l’état larvaire et qui prend rarement la forme adulte (in Larousse).
3) Ceiba. Arbre mythique dans le monde préhispanique ; pilier entre ciel et terre.
4) Maurits Cornelis Escher (1898-1972) Dessinateur.
TÉLÉRAMA. HORS SÉRIE. MUSÉE DU QUAI BRANLY. JUIN 2006.
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« L’excentrique », escultura de contorno por excelencia, que surge por desprendimiento de fragmentos con buril, nos revela la habilidad del escultor. Es un « microcosmos », una síntesis del gran arte prehispánico maya de México que mezcla arte y naturaleza donde la metáfora se encuentra en su apogeo.
Como objeto cósmico, contiene paisajes, evoca el mundo vegetal, animal y humano. La figura, su perfil y el interior de su cuerpo con sus humores y su energía se sugieren a través de las cualidades intrínsecas del material, del silex (noción de fluidez).
El vacío entra en juego y me transporta a las entradas de los cenotes, a los paisajes yucatecos, a las ciudades PUUC. Pienso en la arquitectura, en los planos de las cámaras funerarias, en la grafía ornamental de los glifos, en los trazos que encierran los colores de los murales de los sitios mayas visitados durante mis viajes por Yucatán en 1991, y en 2003 -2004-2005.
Sombra y luz, transparencia y opacidad, las venas del silex nos revelan la energía cósmica, colores a la vez celestes y terrestres.
Anclada y flotante, esta pieza híbrida convoca tres mundos.
A la vez animal árbol, ramas y raíces, esta escultura contiene y devora el espacio que la envuelve. La base de la escultura me evoca el inframundo, el mundo reptante, el reptil, quizá el Axolotl que implica el elemento Agua.
Pilar cósmico. El eje de la escultura, el tronco con sus ramificaciones brotando del mundo vegetal, al igual que las estructuras de las ceibas*, de los rizomas articulados, provistos de perfiles de divinidades y/o de caciques en interprenetración a la manera de una obra de MC Escher.* 1 .
La cima de l’excentrique, su dinámica realzada por la postura del « brazo » finamente cincelado con acanaladuras me sugieren la rueda, el símbolo del paso del tiempo.
El hueco y lo sólido están estrechamente ligados. Cielo y tierra se encuentran vinculados. Escultura cuya imagen parece surgir de una cámara oscura. Todo puede invertirse, hueco y sólido, positivo y negativo son los elementos constitutivos recurrentes en la historia de la escultura y de la fotografía. Es para sentirse descentrado.
1) pilar entre cielo y tierra.
2) Maurits Cornelis Escher (1898-1972) dibujante.
Articulo de J.C. Pigeau, pagina 46, en TÉLÉRAMA HORS SÉRIE QUAI BRANLY,
Le musée de l'Autre
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